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Mémoire de Neupré - Page 5

  • L'ultime expansion du loup (1ère partie)


    Cette rubrique est élaborée grâce à la collaboration de l'ASBL Mémoire de Neupré où il est possible de s'abonner en versant 12.50 € sur le compte 0.34-1636968-58 en indiquant "Nouvel abonné": nom prénom adresse; Courriels : nicole.broeders@hotmail.com (secrétariat) ou edouard.david@skynet.be (présidence).

    L'ultime expansion du loup

     


    Extrait de "Les trois seigneuries" de R. HERRIN et H. GROSJEAN.

    Nous avons constaté que l'élevage d'animaux domestiques au détriment de la forêt tendait à l'anarchie.


      Vis-à-vis de leurs prédateurs, la chute des effectifs d'herbivores sauvages se trouvait donc largement compensée.


      Si les chasses excessives entraînèrent une diminution considérables des cervidés (elle faillit au cours du 19e siècle aller jusqu'à l'extinction), inverse était la condition du loup.


      Toujours, il avait été élément banal de la faune. Il faisait partie de la vie rurale. Ses effectifs, aidés peut-être par des migrations dues aux événements, se mirent à croître. Cependant, ça n'était pas un phénomène neuf. Il s'était produit à diverses reprises, pour les mêmes causes, au cours de notre tumultueux passé et de nos cycliques épidémies.


      Il reste que cet accroissement fut le dernier de notre histoire. Il est donc intéressant de s'y attarder.


      Après, malgré son rôle régulateur entre temps retrouvé, l'espèce ne fit que décroître pour être finalement éliminée par le poison.


    "Et puis la vie nous tenait là

    Du bord du champ au bord du bois

    La guerre pouvait brûler les blés

    Garder les hommes en pays étranger

    C'était le temps

    Souvenez vous

    Le temps des grives aux loup"


    C. MICHELET et C. DUMONT


      Dès la fin du 18e siècle, à l'occasion des bouleversements subis par nos vieux pays, le loup se met à prospérer essentiellement au sud du sillon Sambre et Meuse.


    Son nombre dépasse vite les possibilités d'un gibier décimé par l'homme, si bien que la concurrence avec celui-ci acquiert un caractère aigu.


      Si, comme dit le dicton "la faim fait sortir le loup du bois", laisser envahir les forêts par d'innombrables troupeaux conduits par des fraudeurs sans expérience.

     

    du milieu, rend les conflits inévitables.

      C'est négliger la règle fondamentale selon laquelle l'augmentation des proies potentielles déclenche, en parallèle, celle de leurs prédateurs.


      Les propriétaires d'un bétail en croissance anormale ne peuvent évidemment admettre la participation aux bénéfices de leur concurrent de toujours.


      Durant toutes les périodes française, prussienne et hollandaise, les plaintes affluent vers préfets et louveteries ainsi, également, que les procès-verbaux de loups détruits et réclamations des primes correspondantes.


      Beaucoup de communes du Département de l'Ourthe, rive droite de la Meuse, se manifestent; surtout dans les futurs cantons de l'Est et en haute Ardenne, mais également dans le pays de Herve. Ici, la déforestation déjà ancienne laisse la paysannerie inexpérimentée face au prédateur (massacre de Cerexhe en 1808).


    Plus près de chez nous, on cite comme animaux abattus (liste non exhaustive) :


    1794 : un loup à Fraiture (Condroz)

    1797 : un loup à Xhoris

    deux loups à Vierset-Barse

    1800 : une louve à Clermont-sous-Huy

    1802 : un loup à Fraiture

    1803 : deux loups à  LaNeuville-en-Condroz

    un loup à Aywaille

    un loup à Tavier

    1804 : deux loups + un louveteau à La Neuville-en-Condroz

    un loup à Ochain (près de Clavier)

    un louveteau à Aywaille

    1805 : un loup à Xhoris

    une louve + un loup énorme à La Neuville-en-Condroz

    1806 : deux loups à Esneux

    un loup à Xhoris

    1807 : cinq louves dont une pleine à Ouffet (+ une douzaine de loups déclarés tués par les habitants, les années précédentes)

    deux loups à Vierset-Barse

    1809 : un loup à Ouffet

    deux loups à Warsage

    1812 : un loup à Clavier (par le garde de Mme de Tornaco/Vervoz)


    1813 : une louve à Boncelles

    1818 : un loup à Seraing

     


    Cet aperçu confirme que les zones où de grands massifs forestiers subsistent sont préférées par le carnassier. De tout temps, il s'y est reproduit. A noter que même pendant cette période favorable à l'espèce, nous n'avons pas relevé de relations mentionnant une attaque sur l'homme#, à l'exception d'un cas douteux durant la période prussienne (voir plus loin).

      Il est aussi intéressant de consulter à ce propos des extraits de courrier du temps:


    "Huy An 12

    Le Sous-Préfet

    Citoyen Préfet,

    je m'empresse de vous adresser un procès-verbal dûment remis par le Maire de la Neuville-en-Condroz constatant la destruction d'un louveteau dont la tête m'a été représentée. La mort de cet animal est due au Citoyen Lambert Marchand garde-forestier.

    Salut et respect".


    ". . . il sera accordé au Citoyen Georges Delhaisse# garde-forestier de La Neuville-en-Condroz une récompense de 40 frs pour la destruction de deux loups. Le procès-verbal dressé par le Maire de La Neuville avait été confié au garde qui le remet en y présentant les têtes des loups auxquelles il a été coupé l'oreille droite . . .".


    "Préfecture de l'Ourthe An 13

    Le Préfet, Membre de la Légion d'honneur

    . . . le procès-verbal dressé par le Maire en date du 12 frimaire An 13, duquel il résulte que le 11 du courant une louve non pleine a été présentée sanglante au Maire de La Neuville-en-Condroz par le Sieur Pierre Joseph Olivier, garde forestier de l'Empire, demeurant en cette commune lequel a déclaré l'avoir tuée dans le Bois de La Neuville-en-Condroz . . .".


    "An 14

    . . . deux loups détruits commune d'Esneux . . . il en existe encore, nous espérons de les atteindre, ils étoient au nombre de sept. Il en reste encore cinq. Si la neige demeure quelques jours, nous pourrons encore en tuer quelqu'uns . . .".

     (à suivre)

     

     

  • Stèle à la mémoire de Camille DE MENTEN DE HORNE

    Localisation de ce monument: Au carrefour formé par les rues de Strivay, du Commandant DE MENTEN et de la Grosse Pierre.

    Coordonnées GPS: 50° 32' 27.84" N, 5° 31' 53.00" E.

    Inscription figurant sur le monument

    "1914 [Écusson du 2ème Lanciers] 1918
    LE 5 AOÛT A COMBATTU ICI
    LE 4E ESCADRON DU 2E LANCIERS
    S'OPPOSANT À L'AVANCE DES
    AVANT GARDES ENNEMIES
    ET EST TOMBÉ GLORIEUSEMENT
    "SON COMMANDANT LE BARON
    CAMILLE DE MENTEN DE HORNE
    [Blason non identifié]
    PREMIER OFFICIER BELGE
    MORT POUR LA PATRIE"

    Inaugurationdimanche 2 août 1936 (Source: M. Edouard DAVID, ASBL Mémoire de Neupré).

  • La libération de Neupré

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    La libération de la Commune de Neupré et de quelques Communes avoisinantes

    Publié le 16 novembre 2009, mis à jour le 28 novembre 2009 
    par Edouard David 

     

    La libération de la Commune de NEUPRE (tous les villages inclus : EHEIN (haut), NEUVILLE-EN-CONDROZ, ROTHEUX et PLAINEVAUX), eut lieu le jeudi 7 septembre 1944.

    Ce fut l’œuvre du Commandement de Combat "B" (Combat Command "B") appartenant à la 3ème Division blindée U.S. (3rd Armored Divison "Spearhead") "Fer de lance", commandée par le Général-major Maurice ROSE, une des divisions de la Première armée U.S. du Lieutenant-Général Courtney H. HODGES. Ce commandement de Combat "B" était divisé en trois groupements blindés (Task Forces) : TF 1 (LOVELADY), TF 2 (MILLS) et TF 3 (HOGAN), du nom de leurs commandants respectifs, le Lieutenant-Colonel William B. LOVELADY, le Major Herbert M. MILLS et le Lieutenant-Colonel Samuel M. HOGAN. Ces trois "Task Forces" étaient constitués par différents éléments groupés du commandement de Combat "B".

    La veille, 6 septembre 1944, le groupement blindé TF 2 (MILLS) franchit la Meuse à NAMUR, passant de la rive gauche sur la rive droite. Il fut détaché du Commandement de Combat "B" et provisoirement rattaché à la 9ème Division d’infanterie U.S. afin d’aider celle-ci dans l’établissement d’une tête de pont dans les environs de DINANT. Le même jour, le groupement blindé repassa sous le contrôle de la 3ème Division blindée U.S., à 9 h du soir.

    Le reste du Commandement de Combat "B" franchit également la Meuse à NAMUR le 6 septembre 1944. Le groupement blindé TF 1 (LOVELADY) reçut l’ordre de foncer sur HUY afin de s’assurer des ponts y signalés intacts par des résistants appartenant à l’Armée Blanche. L’objectif (HUY) fut atteint vers 18 h, les deux ponts tombant intacts entre les mains du Commandement de Combat "B".

    Entretemps, le Groupement blindé TF 3 (HOGAN), qui avait été rattaché à la 1ère Division d’infanterie U.S. ("The Big Red One" - "Le grand 1 rouge"), près de MONS, retourna aussi sous le contrôle de la 3ème Division blindée U.S. et s’efforça de rejoindre le plus rapidement possible le Commandement de Combat "B".

    Le 7 septembre 1944, au matin, les deux autres Commandements de Combat de la 3ème Divison blindée, le "A" et le "R" ("R" pour "Réserve"), demeurés sur la rive gauche de la Meuse, reçurent l’ordre de quitter les environs d’ANTHEIT où ils avaient cantonné la nuit, et de se ruer sur LIEGE. Le Commandement de Combat "R" emprunta l’itinéraire n° 1 (la route des hauteurs de Hesbaye), tandis que le Commandement de Combat "A" emprunt l’itinéraire n° 2 (la route longeant la rive gauche de la Meuse). Le soir, le Commandement de Combat "R" arriva dans les environs de ANS et le Commandement de Combat "A" près du VAL BENOIT.

    ITINERAIRE D’ATTAQUE DE CHARLEROI VERS LIEGE du 4 septembre 1944 au 7 septembre 1944

    Vers la même heure, le Groupement blindé TF 1 (LOVELADY) quitta HUY en suivant l’itinéraire n° 3 en direction d’OMBRET. Là il trouva, comme on le lui avait signalé, le pont détruit et brûlé. Le Commandement de Combat "B" reçut alors de nouveaux ordres : monter sur les hauteurs et atteindre pour le soir les communes d’ESNEUX et de TILFF, et de s’assurer de leur pont sur l’Ourthe. Le Groupement blindé TF 1 (LOVELADY) monta donc sur YERNEE, y prit la route vers SAINT-SEVERIN, rejoignit la route du Condroz et se rendit à LA TOLLE. Là il se scinda en deux branches. La première se rendit à EHEIN (haut) . Cette branche poursuivit sa route et traversa NEUVILLE-EN-CONDROZ en empruntant la rue du Village. Un témoin signale cependant qu’un petit groupe poussa une pointe jusqu’à la place du village. Il descendit vers le Vieux château et remonta quelque peu la rue du Hock. Très vite il rebroussa chemin et rejoignit le gros de la troupe. Tous montèrent la route d’Esneux jusqu’au château d’eau au coin de la rue Rimière. A ce carrefour, cette première branche retrouva la seconde qui, a LA TOLLE, avait suivi sur à peu près deux cents mètres la rue de La Vaux, avait tourné à gauche et s’était dirigée vers LA RIMIERE.

    Ce dernier groupe venait donc d’arriver depuis quelques minutes sur le territoire du village de ROTHEUX. Empruntant cette fois la rue Bellaire, puis la rue Sart Laurent, le Bout de Rotheux et l’actuelle rue des Acacias, le Groupe blindé TF 1 (LOVELADY) se dirigea vers le TROU BOTTIN. Y franchissant le gué, il emprunta un petit bout de la HEID DE BIOLEUX et par la rue Linette, aboutit au centre du village de PLAINEVAUX . Contrairement à ce qu’on aurait pu croire, le Groupe blindé TF 1 (LOVELADY) quitta le village de PLAINEVAUX, vers le nord, par la rue du Centre, en direction de... BONCELLES. Au croisement des rues de Tilff, du Midi et Wagner, il tourna à droite en direction de TILFF. Il y a atteindra, vers 17 h 30, son objectif assigné pour la journée et s’assurera du pont resté intact.

    On aimerait signaler ici en ce qui concerne ROTHEUX, que le 991ème Bataillon d’artillerie de campagne (991st Field Artillery Battalion) venant de sa position près de LES COMMUNES (entre HUY et STREE), vint prendre position le 7 septembre 1944 près du BOIS DES HAIES DE MOGES et tira 51 obus. On ne précise pas sur quel objectif.

    Les groupements blindés TF 2 (MILLS) et TF 3 (HOGAN), qui le 6 septembre au soir étaient arrivés aux environs de HUY (MARCHIN) se remettent en route le 7, leur objectif du jour étant ESNEUX et son pont sur l’Ourthe . Ils arrivent à NANDRIN, ayant emprunté la route de Dinant, au carrefour de QUATRE-BRAS. Sur les documents américains, on constate que de là ils prennent la rue de la Gendarmerie pour se diriger sur LA VAUX. Toutefois, plusieurs témoins qui ont acclamé leurs libérateurs à QUATRE-BRAS se souviennent que ceux qu’ils ont vus se sont dirigés vers PETIT FRAINEUX, non par la route du Condroz mais par le petit chemin parallèle allant à SAINT-SEVERIN. A partir de là ils rejoignent également la route du Condroz. A LA TOLLE ils se rendent carrément à LA VAUX pour rejoindre la route reliant NANDRIN à GRAND et PETIT BERLEUR. A la sortie de PETIT BERLEUR, ils empruntent immédiatement à gauche, le chemin de campagne et rejoignent ainsi la route reliant OUFFET à HOUT-SI-PLOUT (l’actuelle N 638) et de là se dirigent vers ESNEUX. Vers 17 h 20, ils atteignent cette dernière localité et y entrent par l’avenue Montefiore. Ravis, il constatent que le pont en bois est intact ; il a été maîtrisé par la Résistance belge peu de temps avant leur arrivée.

    Le lendemain, dans la matinée du 8 septembre 1944, vers 10 h, neuf G.I.s d’une petite colonne blindée ayant quitté ESNEUX pour retrouver deux camions du Génie qui n’étaient pas rentrés au campement, perdront leur vie dans une embuscade dressée à LIMONT par des éléments de la 2ème"SS Panzerdivision - Das Reich".

    BIBLIOGRAPHIE CONSULTEE :

    - After Action Report - Heahquarters 33rd Armored Regiment. 
    - Appendix N°1 to A.A.R. for the Month of September 44. 
    - Spear In The West, 3rd Armored Division, 1945 (période du 22 août - 12 septembre 1944). 
    - G-2 Journal (Month of September 1944). 
    - After Action Report - Heahquarters 991st F.A. Bn. 
    - After Action Report - Heahquarters 83rd Armd. Ron. Bn. 
    - After Action Report - Heahquarters 58th F.A. Bn. 
    - Heahquarters CC "B", 2 October 44 (partie). 
    - Heahquarters Third Armored Division, 10 October 44. 
    - Spearhead History,G-3 Supplement, official record of combat,Major Murray H.Fowler,1945 (partie de Spearhead In the West).

    COMMANDEMENT DE COMBAT "B" (Général de brigade Truman E. BOUDINOT)

    - Groupement blindé TF 1 (LOVELADY) :

    • Compagnie de reconnaissance du 33ème Régiment blindé (3ème peloton) ;
    • Etat-major du 33ème Régiment blindé (l’échelon arrière se trouvant avec l’état-major du Commandement de Combat "B") ;
    • 2ème bataillon du 33ème Régiment blindé ;
    • 2ème bataillon du 36ème Régiment d’infanterie blindée (compagnie "F") ;
    • 1er peloton de la compagnie "B" du 23ème Génie blindé ;
    • 1er peloton de la compagnie "B" du 703ème bataillon de chasseurs de chars ;
    • Détachement médical ;
    • Détachement de maintenance ;
    • Compagnie "B" du 45ème bataillon médical.

    - Groupement blindé TF 2 (MILLS) :

    • 3ème peloton de la compagnie de reconnaissance du 33ème régiment blindé ;
    • 1er bataillon du 33ème Régiment blindé ;
    • compagnie "F" du 36ème régiment d’infanterie blindée ;
    • 2ème peloton de la compagnie "B" du 23ème génie blindé ;
    • 2ème peloton de la compagnie "B" du 703ème bataillon de chasseurs de chars ;
    • Détachement médical ;
    • Détachement de maintenance.

    - Groupement blindé TF 3 (HOGAN) :

    • 3ème Bataillon du 33ème Régiment blindé ;
    • 1er Bataillon du 36ème Régiment d’infanterie blindée.

    - Les trains (= l’intendance) (Major INGRAN) :

    • Compagnie de maintenance du 33ème Régiment blindé (les détachements vers les trois groupements blindés ci-dessus) ;
    • Compagnie de service du 33ème Régiment blindé ;
    • des éléments rattachés de la 3ème Division blindée U.S.
    • Il n’y avait pas d’autre choix en 1944. En effet, la section de la route du Condroz reliant BONCELLES à cet endroit n’avait pas encore été construite.
    • Dans la façade de la maison située à l’angle de la rue Linette et de la rue du Centre à PLAINEVAUX, les propriétaires ont fait poser une dalle commémorative portant gravé l’inscription suivante : 10 MAI 1940 / ARRIVEE DES AMERICAINS : 7 SEPTEMBRE 1944
    • Les deux groupements blindés TF2 (MILLS) et TF3 (HOGAN), ont suivi l’itinéraire de progression n° 4.
    • Le commandement de Combat "B" comprenant plusieurs milliers d’hommes et de centaines de véhicules, ne progresse pas comme un seul homme ; il s’étire sur une grande distance. Les différents témoins voient donc arriver des groupes motorisés relativement modestes. Ces groupes sont, à leur tour, emprutent différentes voies de pénétration en tissant un certain réseau. Les témoins voient venir "leurs" groupes d’une certaine direction et les voient repartir dans une autre direction. Ils supposent qu’ils viennent d’un endroit précis, DINANT par exemple, alors qu’ils sont partis de HUY. Ils supposeront de même qu’ils se dirigent vers un endroit précis, ESNEUX par exemple, alors qu’ils se rendent à BONCELLES. Il n’y a que les archives, les "AFTER ACTION REPORTS" (Rapports après engagement) et d’autres documents similaires de ces unités pour connaître les endroits par où ils sont effectivement passés.

    Par Ferdinand DESSENTE, 24 mai 1993

     
  • La fontaine aux prés

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    La fontaine aux prés

    (Extrait de "Mémoire de Neupré")
    Neuville-en-Condroz
    Publié le 4 décembre 2010 
    par Jean Mertens 
    Par Joseph FILÉE


    Depuis 1992, année des fontaines, chacun essaye de se souvenir, qui de son puits, qui de sa pompe, qui de sa source où, chaque jour il venait remplir ses deux seaux pour les besoins alimentaires de la maisonnée.

    Hélas, l’installation des conduites d’eau en 19551 a fait disparaître assez rapidement tous ces points d’alimentation ; et c’est ainsi qu’à Neuville-en-Condroz les quelques pompes ou fontaines se sont retrouvées soit enterrées sous les trottoirs en bitume, soit rasées et fermées d’une dalle au niveau du sol à l’exception de la pompe du Bida dont il subsiste encore la planche d’attache, et l’un ou l’autre puits chez quelques particuliers.

    Et pourtant....Dans les terrains de cultures appartenant au château de Neuville et jouxtant le cimetière américain, il subsiste encore une jolie fontaine. Si elle a résisté à l’invasion des canalisations c’est sans doute parce qu’à cette époque elle était déjà oubliée, et cet oubli l’aura sauvée.

    Installée sur le versant sud dominant le château de la Neuville, constituée de trois murs de briques barrés d’une porte de fer, et recouverte de terre, elle devait alimenter le jardin du château et son jet d’eau.

    Elle a été surmontée d’une jolie colonnette de pierre en 1792, époque des grandes transformations décidées par les propriétaires, la famille de Lannoy.

    Appelée "la fontaine au pré (ou au preit)" elle a donné son nom au nouveau lotissement de la "Terre à la Fontaine".

    Elle était connue des ouvriers agricoles qui venaient y puiser une cruche d’eau bien fraîche pour étancher la soif qui se faisait sentir aux heures les plus chaudes de l’été, quand on fauchait les moissons de la Terre des Quarrés ou le long du Bois des Fumets. Ainsi que pour les premiers ouvriers du cimetière américain qui s’y désaltéraient après avoir creusé les fosses pour y enterrer les corps de ces jeunes américains tombés dans les Ardennes.

    Actuellement, elle est livrée à la curiosité de quelques enfants imaginatifs qui en font leur île de Robinson, leur caverne d’Ali-Baba ou leur campement de survie. Mais il est urgent de la dégager de toute végétation sauvage qui a envahi son tertre et de restaurer ses murs de briques crues. De plus, sa colonne présente un réel danger pour celui qui, malencontreusement, descellera la dernière brique qui la maintient encore en équilibre.

    L’année des fontaines est donc arrivée à point nommé ; l’Administration Communale, qui a reçu le feu vert de la part du propriétaire, a bien l’intention de s’en occuper, et c’est heureux ! Elle reste en effet la dernière fontaine digne de ce nom sur le territoire de La Neuville.

    1 Note 2010. Les villages ont eu l’eau courante bien plus tard que les villes avoisinantes. (JM)

     
  • Le chêne aux makralles, rue Linette à Plainevaux.


    img854.jpgimg001.jpgEn Wallon, une "Makralle" est une sorcière. Le chêne aux Makralles se situait rue Linette. La circonférence de cet arbre remarquable était tout aussi imposante que l'évidement du tronc, ainsi que le montre la photo.                    Renaud Strivay (Boncelles, 1874-Liège, 31 mai 1945; incinéré à Uccle le 121 juin 1945) a écrit un sonnet clasique en alexandrins rimés (ABBA CDDC EF GGF) dans lequel il rend hommage à Plainevaux légendaire de sa jeunesse. Il y a habité avec ses parents. Il a té instituteur à Seraing avant de devenir directeur des écoles dans cette même commune. Homme aux convictions sociales bien affirmées, auteur prolixe dans tous les genre, conférencier intarissable (presque 1700  conférences jusqu'en 1939!). Il avouait un penchant pour ce coin du Condoz ont  la beauté lui "est entrée dans le coeur".

    Le chêne aux makalles

    L'âge a creusé son tronc et dans son ombre antique

    qui frisonne, le soir, aux vents frais du plateau

     

    On voit parfois flotter les franges du manteau

    D'une affreuse sorcière aux yeux diaboliques

     

    Plus d'un, lorsque minuit sonne au loin fatidique

    Ne voudrait pas frôler le bout de ses rameaux

    Car un souffle sortant d'on ne sait quel tombeau

    Secoue alors le front du vieux chêne anémique.

     

    Jadis quand le soleil dorait ses branches torses

    Je m'appyais heureux contre sa rude écorce;

    Mais vers le soir, sa voix me clouait au chemin,

     

    Il me semblait alors receler sous ses feuilles

    Tous les esprits méchants dont la légende endeuille

    Les récits des conteurs et l'âme des bambins.

     

    Renaud STRIVAY - Aux tournants de la vie - 1910

     

    Déja en 1910, le chêne était anémique, il vivra encore 50 ans: il a été abattu en 1961-1962 par ordre du bourgmestre de l'époque. 

    Mémoire de Neupré, asbl. Publication: Les Cahiers de Jadis. Site: http://wwwmemoiredeneupre.be

    Courriel: edouard.david@skynet.be